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dimanche 17 avril 2016

Le beau dimanche

Sur la chanson de Ferré (texte de Jean Roger Caussimon) : "C'était bath le temps du tango".

Du papier peint, de la peinture
Ou des émaux couleur azur rien n’est trop beau pour ma princesse
Au magasin de fournitures
Pour décorateur’ en rupture j’ne baigne pas dans l’allégresse
Pas oublier la colle blanche …
J’en ai déjà plein mon chariot et je pense « ah le beau dimanche ! »
Va falloir me rel’ver les manches
Si j’veux offrir comme un cadeau
A mon amour aux yeux pervenche                          

Un écrin pour ses roploplos !

Car cette gonzesse faut pas s’y fier
C’est du canon d’la bombe glacée et elle aim’ bien prendre ses aises
Et j’ai beau tout l’temps travailler
Six jours entiers c’est pas assez pour satisfaire son corps de braise
Et même si elle fait pas d’manière
Pour m’accueillir dans son dodo, il faut bien créer l’atmosphère
Alors pour partir en croisière
Pour voguer sur sa libido
Et satisfaire ma passagère
Il suffit pas d’un doigt d’porto

Des idées, j’en avais des tas
Elle a choisi du taffetas, c’est si joli aux murs d’la chambre
Y aura des aurores boréales
Et des reflets de carnaval, ça f’ra du soleil en décembre
Alors dans ce décor de rêve
Elle me jouera son bel canto et je goûterai sur ses lèvres
Ses longs baisers tremblants de fièvre
Ses soupirs allant crescendo.
Toutes les nuits seront trop brèves                             

Et je serai son maestro

Et me voilà au pied du mur
J’ai le tissu et la guipure, et les agrafes et les baguettes
J’ai vérifier les mesures
J’ai pensé même aux embrasures, au baldaquin pour sa couchette
La déco c’est plutôt fastoche
A la télé chez Damidot, et moi j’en ai dans la caboche
Pas l’moment d’avoir la pétoche
Pour bien tendre le calicot
Et ne pas risquer l’anicroche …

… J’me suis foutu un coup d’marteau


La vie est un sport d'endurance

J’ai essayé d’écrire ce texte sur la musique de «La Supplique pour être enterré sur la plage de Sète» de Georges Brassens, à qui j’ai de surcroît, volé quelques tournures.
Que le bon maître me le pardonne.''


A peine es-tu sorti du ventre de ta mère,
Que tu entends déjà propos et commentaires,
Des prophètes et des imbéciles,
Venus pour se pencher au-dessus du berceau
Et donner leur avis sur le petit nouveau,
Fées ridicules et futiles.

Il sera caporal comme Napoléon,
Il sera général déclare l’oncle Léon,
Voyez combien il me ressemble,
Plutôt apothicaire pour le cousin Catule,                         

Ou même fonctionnaire espère la tante Ursule,
Jolies perspectives il me semble.

Depuis la maternelle jusqu’à la faculté,
De tous ces beaux parleurs, tu devras supporter
Les principes et les critiques,
« Il te faut travailler pour bien gagner ta vie
Et tu pourras t’offrir une maison jolie »
Toi qui ne rêves que Tropique.

Si le hasard t’a fait une enfant de Vénus,
Lorsque tu atteindras tes dix-sept ans au plus,
Les garçons pour te dire leur flamme
Mettront genou à terre, te feront des promesses,
Je t’aime, je t’adore, juste pour voir tes fesses
Et au matin, bonsoir Madame.

Pour un peu que tu aies la conscience civile,
Tu voudras écouter, pour choisir tes édiles
Leurs discours et leurs fariboles,
Tu sauras au travers de leur flagornerie,
De leurs accents sacrés au nom de la patrie,
Qu’ils n’attendent que ton obole.

Si dans la religion, tu cherches des raisons
D’espérer pour ton âme un peu de compassion,
Tu comprendras que pour chacune,
L’Evangile et la Bible, la Torah, le Coran,
Soutane ou djellaba, Kippa ou bien turban,
Il n’est de bonheur que posthume.

Quand de la société, avec obstination,
Tu graviras enfin le dernier échelon,
On admirera ton courage,
Alors tu recevras, et la main sur le cœur,
Emu, le grand cordon de la légion d’honneur,
De ta renommée l’apanage.

La camarde viendra aux dernières lueurs,
Souffler à ton oreille que pour toi il est l‘heure,
Il faut tirer ta révérence,
Mais là point de discours et point d’atermoiement,
La Faucheuse est exacte et ne perd pas de temps,
Il est plus tard que tu ne penses.

Et tu écouteras, couché dans ton cercueil,
La petite Isabelle, écrasée par le deuil,
Avec une grâce infinie,
Les yeux baignés de larmes, dire ton panégyrique,
Et toi tu penseras, un peu mélancolique,
«La comédie est bien finie. »

Alors que tu n’aspires qu’à la paix sépulcrale,
Sur les coups de minuit, dessous la pierre tombale,
Soudain entreront dans la danse,
Le vieux tonton Léon, et la cousine Hortense,
Et puis la tante Ursule, et sa fille Clémence,
Pour les fâcheux, point de vacances

Le vieux tonton Léon, et la cousine Hortense,
Et puis la tante Ursule, et sa fille Clémence,
Pour les fâcheux, point de vacances.





Où sont passées mes chaussettes

Sur « Madeleine » du Grand Jacques (BREL)

Où sont passé mes chaussettes
Celles qui sont couleur lilas
Peut-être avec sa nuisette
Quelle nuit que cette nuit là !
Où sont passé mes chaussettes
Elles doivent être par là
Dans l’frigo, la boît’ aux lettres
Le pire est qu’j’m’en souviens pas
Ces chaussettes c’est mon chic                                              
C’est mon élégance à moi
Même si elles font un peu beatnick
Comme disent ceux qui ne savent pas
Faut qu’je retrouve mes chaussettes
Même si j’en ai déjà trente trois
Si j’les retrouve ça s’ra chouette
Mes chaussettes couleur lilas

Elles sont tellement jolies
Elles sont tellement tout ça
Elles sont toutes ma vie
Ces chaussettes que j’retrouve pas

Où sont passé mes chaussettes
Mais j’ai pas perdu que ça
J’sais pas où est ma liquette
Ma liquette couleur fuchsia
C’est une super chemisette
En poils longs d’alcantara
Avec des fils en belette
C’est ma tenue de gala
Cette chemise c’est mon smoking
Avec j’suis mister Magoo
Même si j’ressemble un peu au King
Comme disent ceux qui n’ont pas d’goût
J’ai perdu ma chemisette
Ma chemise couleur fuchsia
J’pourrais plus faire des claquettes
Pour amuser les nanas

Elle est tellement jolie
Elle est tellement tout ça
Elle est toute ma vie
Cette chemise que j’retrouve pas

Faut dire qu’avec la minette
Que j’ai ramenée chez moi
Et cett’ nuit de galipettes
Les amis, j’vous raconte pas
On s’est bu toute l’anisette
Puis on a joué à chat
Elle a pas froid aux mirettes
Les amis je vous dis qu’ça
Cette souris c’est mon Brésil
C’est mon Argentine à moi
Même si elle est anglophile
Comme disent ceux qui ne l’aiment pas
Hier soir dans ma chambrette
Il y avait du radada
Il est vrai qu’une majorette
Quand ça danse on n’entend qu’ça

Elle est tellement jolie
Elle est tellement tout ça
Elle est toute ma vie
La petite qu’est venue chez moi

N’empêche qu’avec ma liquette
J’avais pas fait attention
Et pareil que mes chaussettes
J’ai perdu mon beau caleçon
J’ trouve le tutu en dentelle
Le képi et le bâton
Les bottes de la demoiselle
Mais je trouve pas mon caleçon
C’était un cadeau de Noël
Un slip du genre kangourou
Même si c’était habituel
Qu’on m’dise qu’j’étais plus dans l’coup …
Mais voilà que ma bergère
Me dit qu’elle avait eu froid
Qu’elle a mis toutes mes affaires
Elle est belle j’en reviens pas !

Elle est tellement jolie
Elle est tellement tout ça
Que j’vais refaire ma vie
Avec ce petit lot là …

Ah … c’était au temps où Jacques Brel chantait
C’était au temps où les filles m’aimaient
C’était au temps où Jacques Brel chantait
C’était lorsque l’arpenteur arpentait …